13.08.2007

mon positivisme est à sec.

Je me plais à écrire sur ce blog, je ne sais pas pourquoi. Peut être un moyen d'exprimer mes sentiments ou mes opinions de la façon la plus confortable possible bien à l'abri dans mon appart douillet, peut être aussi un moyen de jouer ma pleureuse auprès de gens que je ne connaîtrais sûrement jamais, car il est vrai que pour jouer la pleureuse je peux facilement atteindre des sommets de misérabilisme pour des histoires à deux balles.

Bref aujourd'hui je suis à deux doigts (hummm) de jouer ma pleureuse car après une journée de taf plutôt sportive, je me sens vexé à cause d'une engueulade (rapide et sans conséquence certes) de mon patron alors que je voulais trop bien faire. Bref un fort sentiment d'injustice qui dans mon crâne s'est vite transformé à vitesse grand V en un énervement un peu illogique. Alors plutôt que de me plaindre (je crois l'avoir déjà fait héhé) j'ai envie de parler des autres personnes que je côtoie au boulot, ceux sans qui rien de toute cette aventure quotidienne ne serait possible, ceux que je frôle, je conseille, je m'excuse et je crois haïr de plus en plus: les clients!

Et oui désolé mais les clients sympathiques, souriants & summum de l'irréalisme: polis, ne sont vraiment pas légion. Et malheureusement dans mon environnement professionnel la majorité est loin d'être silencieuse. Pour ceux qui ne le savent pas encore je bosse en tant qu'équipier de vente (c'est à dire que je remplis le rayon, ballade des palettes dans les rayons et joue à la marchande aux balances) dans le rayon fruits & légumes d'une enseigne de grande distribution qui positive.

Mon boulot est physique mais sympa bien loin des tafs de merde que je faisais en usine grâce à l'ami intérim, mes collègues sont des anges et on parle de cul toute la journée (drôle d'anges quoi!), mes chefs sont dans l'ensemble assez cools (malgré aujourd'hui ne l'oublions pas!) mais ceux qui font tourner le magasin, cette horde de consommateurs armés de caddies étincelants et de catalogues publicitaires, cette nuée qui dès 08h30 jusqu'à 21h30 se perd et déambule en propageant désordre et chaos derrière son passage (oui je pense que certains ont des ancêtres dans l'armée hun d'Attila, ou en tout cas des aïeuls mongols ça j'en suis sûr!). Mais venons en à préciser quels éléments perturbateurs composent cette cour des miracles des temps modernes:

La vielle ou vieux solitaire:le classique du vieux qui bouge à deux à l'heure, qui voit pas à 3 pas de lui et qui fait ses courses le samedi, à croire que ses chats vont crever s'ils loupent une dose quotidienne de pâté. Bref pour un poireau et 3 paquets de gâteaux achetés dans l'espoir d'une visite familiale (autant dire qu'ils seront périmés bien avant ça), le vieux ou la vieille (souvent veuf, autant faire pleurer la populace) bloque tout le monde et il faut bien le dire ne sert pas à grand chose dans l'ordre économique de mon établissement. Je reste indulgent avec lui car il n'est pas méchant au fond, à part quelques taties Danielle mais il est aussi plus généralement victime du temps, en santé précaire et surtout en attente de la fin d'une vie sûrement à rallonge.

le bourgeois: Non je ne joue ici pas ma lutte des classes pour populeux mais bon le polo ralph lauren, le pull accroché au cou et les lunettes de soleil dans une grande surface de banlieue ça me laisse toujours songeur. D'où peut il venir, ya pas de golf à dix plombes, pas de bureaux de standing, juste des immeubles délabrés qui nous rappellent que l'essor économique a oublié de passer dans quelques quartiers. Bref quelle mouche l'a piqué pour venir garer sa mercedes break ici. Tout ça pour acheter des tomates à l'ancienne (hé oui, on va pas acheter non plus les mêmes que celles des chômeurs non plus). Bon on oublie le bonjour ou le merci, la marque de dédain et la façon de montrer que lui a réussi, sinon c'est clair je vote extrême gauche à chaque élection (merde c'est déjà ce que je fais!).

le blédard: Bon j'ai rien contre lui, je suis pas raciste, mais (arggghh!!! la honte on dirait le blog de cyril mozonnet ou je sais pas quoi du FN). Non le problème du blédard est qu'il se croit au marché et non même après 2h de négociations je ne ferais toujours pas la pastèque à 1euro de moins, pour la simple et bonne raison que je ne suis qu'un pion et pas un décideur donc le changement des prix est bien loin de mes compétences même à 5 minutes de la fermeture du magasin. En même temps peu souvent agressif et m'appelant toujours "chef", cela reste souvent bon enfant, sauf si le sketch se répète dix fois dans la journée.

le mec sûr de lui: Va savoir pourquoi malgré un étiquetage des prix correct et juste au dessus du produit certains arriveront toujours à voir un tarif plus bas, à mélanger les produits, et le plus souvent même le nez devant les étiquettes il reste sûr de lui, rongé par sa paranoïa qui le pousse à croire que mon plaisir le plus pervers serait de l'escroquer de 15 centimes sur le kilo de navets. La plupart du temps, il pique une crise devant les balances quand tu es bloqué à ce poste tel un commandant de bateau qui coule et que le mec (ou la femme, pas de sexisme chez les relous) se retrouve entouré d'une foule de clients qui attendent pour peser leurs légumes et donc tel un tribun il se retrouve au centre de l'attention, lui qui d'habitude est plutôt du genre à raser les murs pour rentrer chez lui profiter du téléfilm du lundi soir sur TF1.

En fait je pourrais faire une catégorie pour tellement de monde, que ce blog deviendrait un annuaire, je ne pense même pas avoir été méchant tellement certains te parlent comme à une merde, comme à un chien. Dès que je met mon gilet rouge (100% vintage et sexy héhé!) je ne suis plus un humain juste un moyen d'obtenir les produits que l'on veut acheter et malgré tous leurs efforts ils doivent encore malheureusement passer par moi donc je m'arrête là pourtant j'en ai encore gros sur la patate, mais demain est un autre jour (tu parles sûrement comme tous les autres oui!).53a9aba9bebd6d0d25f2e3e8e26b9bba.jpg

Mais bon je positive c'est déjà ça!